Jour 8 : DU LAC AYDARKUL AU VILLAGE D’UXUM
Nuit un peu rude car le vent secouait violemment l’enveloppe de la yourte et s’engouffrait par la porte branlante en emportant à sa suite quantité de sable (heureusement que nous avions refermé nos sacs). Température nocturne très fraîche. Points positifs : les couettes étaient épaisses et nous avions la yourte pour nous seuls.
Lever à 5h30 (il fait déjà jour et la température est glaciale) pour un départ à 6h. Le chauffeur nous emmène au même endroit que hier et nous refaisons à peu près la même promenade. Les abords du lac sont plus jolis avec la lumière du matin et en plus nous sommes seuls. Mêmes oiseaux que hier et quelques lapins en plus.
Retour au campement et vaine tentative de douche qui se solde par une toilette de chat car il n’y a pas d’eau chaude et le filet d’eau froide s’arrête complètement au bout de quelques secondes ! Petit déjeuner au campement puis nous repartons vers 9h avec nos bagages. Nous pensons partir vers l’étape suivante dans les monts Nourataou, mais pas du tout, il nous ramène là où nous étions deux heures plus tôt !! C’est assez incompréhensible mais la seule chose qu’il arrive à nous dire, c’est que nous devons manger là ??? Nous lui demandons d’aller au moins promener à un autre endroit au bord du lac, mais il refuse de bouger !! Je suis un peu énervée mais comme il ne parle pas l’anglais, inutile d’insister. Je m’installe pour écrire et Patrice prend sa liseuse.
Nous finissons la matinée en faisant une promenade à l’intérieur des terres à la recherche des lézards, des gerbilles, des tortues et des gros écureuils de terre (spermophilopsis leptodactylus).
Les guêpiers de Perse se régalent de libellules
Déjeuner sur place. Patrice prend deux bouchées de poisson et je boycotte le repas. Il y a toujours beaucoup de vent et il fait réellement frais à l’ombre. Nous partons enfin en direction des monts Nourataou et du village d’Ukhum (ou Uxum). Paysage aride avec des troupeaux qui mangent les rares touffes d’herbe et les buissons ras. La route est en très mauvais état et le vent soulève des nuages de poussière.
Nous quittons la plaine pour emprunter une petite route de montagne qui s’enfonce dans les monts Nourataou jusqu’au village d’Uxum. Le chauffeur ne connaît pas le coin et demande son chemin à tous les villageois que nous croisons. On lui fait à chaque fois la même réponse : par-là, par-là, tout droit. La vallée est étroite avec une petite rivière qui coule au fond. Le chemin empierré, qui fait juste la largeur de la voiture, circule d’un côté à l’autre en traversant des ponts improbables. Le chauffeur est tendu et stressé et il ne retrouve le sourire que lorsque nous arrivons à la maison d’hôtes.
Jolie bâtisse au milieu des noyers et des peupliers. Installation puis thé avec nos hôtesses, deux femmes qui ne parlent ni français ni anglais. Heureusement leur neveu qui parle bien l’anglais se joint rapidement à nous. Il fait des études de tourisme à Boukhara (2 mois par an en ville et le reste du temps dans le village pour mettre ses connaissances en pratique et accueillir des touristes).
Intéressante visite du village avec lui. Les villageois ont presque tous deux habitations, une pour l’hiver près de la « route » et plutôt au fond du vallon et une pour l’été sur les pentes de la montagne. Ils sont pratiquement auto-suffisants en nourriture à part l’huile et la farine qui doivent être achetés. Ils ont tous des jardins potagers, mais également beaucoup d’arbres fruitiers (cerisiers, abricotiers, noyers, pêchers, pommiers). Leurs revenus proviennent des noix qui sont cultivées pour être vendues.
Il y a environ 2000 habitants, très éparpillés dans les champs communaux, 3 écoles et un petit dispensaire. Le jeune homme nous emmène jusqu’à sa propre maison, en lisière de la forêt. Dans son potager, son frère et sa sœur sont en train de repiquer les pommes de terre. A noter que beaucoup de fruits et de légumes sont séchés ou mis en conserve en prévision de l’hiver. Promenade très agréable. Nous ne croisons pas de voiture, mais des gens à pieds ou à dos d’âne.
Il est bien trop tard pour envisager d’aller faire un tour dans la montagne comme c’était initialement prévu donc nous nous installons sous la véranda pour un peu de lecture avant le repas du soir. Dîner en compagnie du chauffeur. Bel assortiment de légumes et de salades, puis plov, le plat national, une sorte de riz pilaf avec des légumes, surmonté de petits morceaux de viande. L’ensemble est très bon. Bonne nuit sous d’épaisses couettes.
Nuit en maison d’hôtes à Ukhum